Du Rio Cigala à Bassano del Grappa
Le punk se réveille
Éclate son réveil
Sur le téléphone qui sonne
J’m’assomme
Réveille le punk qui sommeille
J’bondis de mon sommier
Svinkels Réveille le punk
Je petit-déjeune avec les Alpi Feltrine, charmées par les brumeuses vapeurs matinales
Brouillards et pierres jouent les plaisantins en me volant le sentier par endroits
Les campanules brisent la monotonie de l’atmosphère monochrome
Juste le temps de cligner les yeux, le massif traversé ce matin se dégage, avant de se ré-envelopper aussitôt dans sa douillette couette
Punk à zygène ?
Je suis détendu, je me relâche complètement et je marche. Mes pieds adhèrent au sol, mes bras sont du caoutchouc. J’ai le cerveau à peine disponible, forcément, parce que je sais pas où je vais. Je suis libre
Not Le Grand Soir
Libre de m’installer quelque part dans l’insondable, je saisis cette chance et m’endors dans le néant immaculé
My girl, my girl, don’t lie to me
Tell me where did you sleep last night
In the pines, in the pines
Where the sun don’t ever shine
I would shiver the whole night through
Lead Belly In the Pines
Le punk n’est pas mort, il se réveille au-dessus d’un lit de nuages, d’où s’extirpent uniquement les crinières kaki des géants minéraux
J’aperçois enfin une partie du décor des Dolomites de Bellunessi, moins timides qu’hier
Punk à chocards ?
La descente dans la vallée dilate le mercure, je compense avec un gelato rafraîchissant le cœur
Je reste en ville pour la nuit, et fais des infidélités à Germaine, et surtout à la doctrine punk, en fermant l’œil dans un appartement de luxe avec lit double, immense cuisine et gigantesque salle de bain
À nouveau juché sur les hauteurs, les verdoyants escarpements m’évoquent des paysages de l’Île Intense
Denrée inexistante dans le coin, je récolte l’eau de pluie pré-matinale qui ruisselle encore dans le creux d’un écrin de mousse
La balade se transforme en expédition, les sentiers jouent à cache-cache, les flancs se dérobent et la démarche de dahu ambidextre m’est bien utile pour continuer. Pour mon plus grand bonheur, l’adrénaline coule à flot dans les moteurs, refroidis par le vent frais louvoyant à travers la forêt
The fire fills my eyes
I have never learnt to compromise
I need to feel alive
Enough with alibis […]
Let’s wreck it down
Let’s be wild and get reckless
Keep the madness endless
Give me danger along the ride
Lacuna Coil Reckless
Vanné, je me niche au cœur d’une hêtraie juste avant que le ciel ne gronde
Je laisse l’alpenglow de l’aurore briller dans mes prunelles pendant mon brossage de chicots du matin puis je remboîte le pas
Punk à chamois ?
Pour achever mon initiation à la philosophie de keupon, je me fais une crête digne des plus grands chefs iroquois
Mon apprentissage des préceptes punk touche à sa fin, je médite là-dessus dans les rainures d’une douillette incongruité minérale
La boucle de l’Ouroboros est bouclée, je me retrouve dans un parc pour enfants…
…à passer, dans l’étreinte d’un bosquet, une nuit de punk sans chien, de punk de la vie !
Détails d’étapes :
- 4 étapes
- Météo variée
- 80 km
- +4750 m
- -6000 m
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