D’Abriès à la Chau
Lors de notre lessive, des mouches viennent nous faire la guerre et la parole poudrière ne suffit pas pour se défendre, j’improvise un bouclier anti-nuées
La suée ascensionnelle se poursuit au-dessus du vallon du Malrif
On coupe les moteurs le temps d’une pause, à côté de zonards des montagnes, en trombe, en nombre
Zyva la zygène, tu t’crois où là ?
La téci du lac du Grand Laus se calme au fur et à mesure que l’après-midi avance
On choisit cependant de vivre extra-muros sur les terrasses du lac Mézan, miraculeuses grâces de l’univers
Le coucher du jour, intense comme un fruit qu’on savoure, nous berce juste avant le repos nocturne
La crête du Malrif, c’est pas du gâteau, la crête du Malrif, tel est notre ghetto
Des bandes de criquets s’entremêlent dans nos pattes pour nous escorter jusqu’à notre bivouac aux Fonts
“On nous appelle « PD », « blancos », « bougnoules » ou bien « nègres »” me chuchotent les loubards locaux, là où je contemple plutôt une radieuse diversité colorée (argus bleu-nacré, apollon, chiffre et marmotte)
Et c’est avec cet arc-en-ciel flamboyant dans nos têtes, au travers du marais du Bourget, que nos carcasses de kaïras prennent congé du Queyras
Détails d’étapes :
- 3 étapes
- Ciel bleu et éclaircies
- 24 km
- +1550 m
- -1200 m
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