De Manosque à Cavaillon
La rosée matinale du Mont d’Or, autrefois
Les gémissements plaintifs des tourterelles planent au-dessus des senteurs de thym et de romarin de Manosque, dans un azur dépourvu de nuages
Un geai se moque totalement de ma présence, trop affairé à sa recherche de matériau pour la confection de son nid
Les batraciens, planqués quelque part au milieu des arbres, entonnent le gospel de la sécheresse
Les 32 vents provençaux s’époumonent bien avant d’atteindre les neiges du Mont Ventoux
Les flambés se délectent du nectar des fleurs de thym
Encore finement saupoudré, le massif des Trois-Évêchés luit sur l’étendue verte
Alors que le coucher de soleil érode l’horizon, j’installe mes pénates au milieu des aboiements des cervidés
Ma chevelure matinale ébouriffée laisse pantoise une huppe fasciée
Les jonquilles du sentier se gorgent des rayons du soleil ravageur
Les montagnes enneigées et le mistral me requinquent après l’embrassade morphéenne du début d’après-midi
Les vertes bosses de chameau dodelinent jusqu’au
Par ici, les gouzous arborent leur luxueuse tenue estivale et ne craignent pas les caresses solaires
Au creux de ruines, me voilà châtelain…
…le temps d’un doux crépuscule dégradé orange sanguin
Mes pas blasés empruntent la longue, sinueuse et répétitive piste forestière
La soie céleste enveloppe le dos arrondi du Petit Luberon qui point sur l’infini
Un combe au frais me mène à Lourmarin et son château, où un ravitaillement frugal en fruits suffit à ravir mes papilles
Propriétés privées et denses forêts déshydratées entravent ma route, j’abdique peu après avoir quémandé de l’eau à une âme charitable
Dans la combe matinale, les aurores virevoltent au milieu de la chorale de piaillements
J’effleure de ma foulée les reins minéraux échancrés par l’eau au fil des années
L’assommante piste goudronnée lasse à nouveau mon esprit
Les bouquets de thym rompent la monotonie et parfument mon enjambée…
…jusqu’à la capitale du melon !
Détails d’étapes :
- 4 étapes
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- 95 km
- +3200 m
- -3650 m